La mémoire est-elle soluble dans l'eau... ?

Non, résolument non, la mémoire n'est pas soluble dans l'eau, du moins à raison des trois semaines (tous les deux ans !) de cure à Evian que le gouvernement allemand "offre" en réparation aux survivants des camps !

Et c'est tant mieux ! Car il y a des horreurs que l'on ne peut oublier.

Il y a des amis et des proches auxquels on a survécu, on ne sait pas pourquoi : le destin, ou "parce que nous, les femmes, sommes finalement plus fortes que vous !"

On a honte, on s'en veut de ne pas être avec eux, d'avoir échappé à l'horreur ; en tout cas, on ne les oublie pas, car on se doit de les garder vivants en soi et pour les autres, en témoignant.

Et elle témoigne, Solange, elle se souvient avec d'autres survivants, elle parle ; elle chante, elle rit, elle danse mais même cinquante ans après, elle n'a pas oublié !

A noter l'emploi de Jean-Chrétien Silbertin-Blanc (prêté par Anne Fontaine ?) dont la bizarrerie habituelle de son personnage permet à ses "interviewés" de se confier, de s'exprimer, bien plus profondément qu'ils ne le feraient face à des questions imbéciles du genre "Mais vous ne pensiez jamais à séduire ?" auxquels les journalistes des médias nous ont hélas trop souvent habitués.