Lost highway
... ou wasted time ? Le dernier (le seul ?) bon film de David Lynch, c'était Blue Velvet.
Ici, on a droit à une resucée du nullissime Sale-la et bourre-la. Pourtant, la présence de Patricia Arquette (pas celle qui a tourné avec Van Damme, sa sœur !) m'avait laissé accroire que ce Lynch-là était visible.
Hélas ! Les américaines ont décidément un sacré problème d'image, de l'image qu'elles ont d'elles-mêmes, de leur corps et de ce qu'il est censé représenter pour un homme (je veux dire un américain, c'est-à-dire un total handicapé de l'amour - entendez par là les relations entre hommes et femmes).
D'où une fâcheuse tendance à relever tous les défis, à montrer ce qu'elles sont capables de faire, quitte à agir comme de vrais connes, tout intelligentes et féministes qu'elles soient. Car elles ne peuvent pas s'empêcher de vouloir exister d'abord par le regard des hommes - et quand on sait l'état de sous-développement tragique du mâle américain pour ces choses-là, on imagine le gâchis !
Mais c'est comme ça, elles n'y peuvent rien, elles ne connaissent pas le french way of life, alors elles font ce qu'elles croient devoir faire pour exister en tant que femmes, selon un modèle à la Hollywood nights et autres merdes psychotiques télévisuelles : c'est grave !
Les Etats-Unis sont vraiment un monde culturellement clos, replié sur lui-même, en décomposition, qui, faute de s'ouvrir aux autres cultures, aux autres points of view, ne survivra pas aux prochaines décennies, tout puissant économiquement qu'il puisse être actuellement ! Souhaitons seulement, à défaut de pouvoir l'aider à se régénérer, qu'il ne nous entraîne pas dans son effondrement par trop prévisible.
Mais, pour en revenir à notre film, disons que pour ne pas changer on retrouve les clichés habituels du genre : voitures, garage, motel, villa avec piscine, villa pour jeune couple sans enfant dont la décoration intérieure mènerait au suicide le plus résistant des suédois (celui qui teste depuis vingt ans tous les articles du catalogue d'Ikéa et y survit !), gangsters, femme(s) à perruque, etc...
Et il nous faut survivre pendant plus de deux heures à cet ennui ! Alors, on se focalise sur le côté technique de la prise de vue, les gros plans, l'ambiance ombres et lumières, la musique... Certes, il y a là un vrai travail de récit cinématographique... mais qui raconterait quoi ? Qu'en est-il de l'épaisseur du scénario, des dialogues, bref de ce qui pourrait faire avancer le film, si ce n'est qu'une vague ligne en pointillé, pour ne pas dire quasi... inexistante, du début à la fin !