Destinée (Swaham)
Il faut reconnaître que le système indien de castes par lequel on ne peut échapper à la sienne, du moins dans cette vie-là, parce que l'on récolte ce que l'on a semé dans ses vies précédentes, demeure l'un des plus efficaces parmi les autres systèmes d'oppression - et ils sont nombreux ! - que l'homme a inventés depuis qu'il existe !
Il met un soin tout particulier à broyer les plus faibles, ceux qui ne peuvent opposer grande résistance : les pauvres, les femmes...
Tenez, une veuve par exemple !
Son mari ayant succombé à un accident (?), sa vie bascule dans le noir et blanc, avec de temps à autre quelques retours en arrière en couleurs - le temps du bonheur...
Son fils doit trouver du travail, mais il faut de l'argent pour "acheter" une promesse d'emploi...
Sa fille est encore jeune, pleine de l'insouciance des enfants, face à un malheur qui ne les touche pas vraiment.
Ils risquent de se faire expulser de leur maison par leur propriétaire, qui a besoin d'argent pour marier sa fille - la dot, toujours la dot !
Alors il lui faut remonter la pente savonneuse, pas à pas, comme une fourmi trop chargée qui affronte des vents contraires, et résister à l'anesthésie des souvenirs heureux...
Les couleurs reviendront-elles ou le noir va-t-il finir par dévorer le blanc ?